26/06/2008

Saga Belgica du journal Le Soir

Une série très intéressante dans le journal Le Soir de 31 articles expliquant l'histoire du mouvement flamand.
Les articles les plus intéressants, ceux rédigés par Pierre Bouillon.
Autant savoir de quoi on parle. Mais aussi désespérant.

Dans le journal d'aujourd'hui l'annonce d'un dossier de 84 pages pour 4 euros (frais de port gratuits) sur le compte 310-07 615 75-17, communication « saga belgica ». Envoyé à partir du 15 juillet.
En vente en librairie à partir du mois d'août au prix de 4,90 €.

J'ai gardé les pages du journal, mais un dossier, c'est plus agréable. J'ai déjà fait mon versement.

08/11/2007

Petit historique francophones-flamands

Hier mercredi, les représentants de la Flandre, majoritaires à la Chambre, en commission, ont voté la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Halle-vilvoorde. Si cette scission devient effective, les francophones des communes proche de la Région de Bruxelles-Capitale n'auront plus le droit, par exemple, d'être jugés en français.

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Dans le journal Le Soir de ce jeudi 8 novembre 2007.
Un intéressant historique de Luc Delfosse que je retrouve sur le site en ligne du quotidien.
Ce qui me permet de copier des extraits.

Depuis 177 ans, la Belgique en est au moins à sa troisième agonie communautaire.

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En 1840, l'ordre bourgeois, arrogant et francophone imposé dix ans plus tôt par ses pères fondateurs, encaisse déjà les premiers coups de boutoir de la Flandre qui exige très naturellement la parité linguistique. Tout commence donc très mal.

Du Nord au Sud, la langue officielle est le français. On parle le français
- à l'armée,
- aux guichets de l'administration,
- au tribunal,
- dans l'enseignement secondaire et universitaire.
Le flamand n'est « toléré » qu'à l'école primaire.

Dans ce conflit de classes, les intellectuels flamands se révoltent contre le « calvaire social » que vit la Flandre d'en bas.

Et puis il y a ces petits vicaires, qui partent en croisade contre le français, « accusé de charrier toutes les perversions ».

On exige que les affaires publiques en Flandre soient traitées en flamand.
Mais aussi à l'université de Gand, dans les écoles...
Oui : nous sommes en 1840 à peine !

Sept ans plus tard, Henri Conscience, l'auteur du « Lion des Flandres », publie « Le Manifeste du mouvement flamand ».

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En 1856, un gouvernement... De Decker, pour tenter de faire baisser la vapeur « flamingante » (le mot, déjà, est installé !), inaugure une « Commission des Griefs flamands ». Une tentative d'enterrement de première classe. Bernique. En 15 ans, les « griefs » sont bétonnés dans la loi.

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Dès le milieu des années 1880, Ligues et Cercles fleurissent au Sud mais aussi à Bruxelles et... en Flandre. Dame : Wallons et... « fransquillons » sont des alliés objectifs ; tous s'inquiètent des « revendications exagérées des flamingants !

Quand sont votées les premières grandes lois linguistiques, on entend et on lit des choses terribles : « Wallons et Flamands seront bientôt confinés dans leurs provinces. »
Ou encore ceci, si contemporain : « Ce n'est plus la justice que l'on réclame, c'est l'asservissement des Wallons par les Flamands. »

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Jusqu'à « la grande et horrifiante vérité » de Destrée : « Sire il n'y a pas de Belges ». Nous sommes en 1912. La lettre du député socialiste marque un tournant capital dans notre histoire : la question belge ne se résume plus à un problème culturel ou linguistique. Elle est un problème de nationalité.

Exit la Belgique de grand-papa.

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Celle de « papa », elle, meurt à petit feu sous nos yeux dans les années 1970.
Lentement mais inéluctablement, la Belgique unitaire et bon enfant, se régionalise.

Place à l'Etat fédéral.
Il se compose « des communautés et des régions » (article 1 de la Constitution du 17 février 1994).
Il comprend trois communautés (article 2).
Mais aussi trois régions (article 3).
Mais encore quatre régions linguistiques (article 4).
C'est la Belgique du fédéralisme d'union. Du consensus plus ou moins mou. Celle de Baudouin, de Martens, de Dehaene. Celle... de Verhofstadt, encore, sous sa casquette de Premier ministre. C'est ce modèle-là qui est passé de vie à trépas ce mercredi, en une demi-heure, en commission de l'Intérieur de la Chambre.

Une communauté unie comme un faisceau de baïonnettes, dans une alliance objective entre démocrates et néofascistes, a eu raison de l'autre.

Du haut de sa santé économique insolente, la Flandre a fait triompher la loi du plus fort.

Mais au fond, la réalisation de l'ambition de la Flandre passe-t-elle nécessairement par l'éclatement... final du royaume ?
Pas sûr du tout... jusqu'à preuve du contraire et sous réserve de la disponibilité de l'Europe à accueillir quelques micro-Etats nouveaux : la réussite de la Flandre s'appuie sur l'existence même de la Belgique. Ce pays est à la fois son vivier et son tremplin. On serait dès lors prêt à parier une portion de boudin contre douze plates de Zélande que, bien avant son 180e anniversaire, la Belgique sera une confédération. Un agrégat de mini-États quasi autonomes plutôt qu'un royaume explosé.

12/05/2007

Gens de couleurs contre les nazis

gembloux-20070513gembloux-carte

Extraits de la carte blanche dans Le Soir du 11 mai 2007.
L’Europe ne peut oublier la participation des « gens de couleurs » à la lutte contre les nazis.
Par 3 anciens combattants : Baba Sada Sy , malien, 81 ans ; E l Houari Idrissi, marocain, 87 ans, Mechti Mohamed, marocain, 88 ans.

Nous, tirailleurs africains, survivants de la Seconde guerre mondiale, nous sommes au coeur de l’Europe.... afin de rappeler au monde la participation des Africains, Asiatiques et gens du Pacifiques.... Nous étions près d’un million... issus des colonies françaises...

Nous vîmes la majorité de nos frères Marocains, Sénégalais, Maliens, souvent très jeunes, parfois enrôlés de force, mourir dans d’atroces souffrances. Le général de Gaulle promit les mêmes droits pour ceux qui participeraient à la libération de la France et de l’Europe. Après la guerre, nous fûmes priés de faire silence...

A Bruxelles, nous nous mettons à rêver que la vérité historique s’inscrive enfin...

Sommes-nous si détestables ? N’avons-nous pas aussi le droit de vivre dignement ?....


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Dimanche 13 mai à Gembloux, hommage rendu aux deux milles marocains tombés à la bataille de Gembloux entre les 12 et 16 mai 1940. Nécropole française, rue des XV Bonniers à Chastre près de Gembloux.
Cette bataille constitue la seule victoire terrestre de l’armée française durant la campagne de mai 1940.
http://users.skynet.be/suffrage-universel/...
http://www.anac-fr.com/....

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D’après la Dernière Heure sur son site :
http://www.dhnet.be/....marocains-au-soldat-inconnu.html
BRUXELLES Chaque année, le 8 mai rappelle 1945 et la fin des combats entre les alliés et les nazis. En 2007, des commémorations seront célébrées sur la tombe du Soldat inconnu, au pied de la colonne du Congrès. Aux côtés des vétérans de la Seconde Guerre mondiale habitués à participer à cette cérémonie, des tirailleurs marocains et maliens enrôlés sous le drapeau français viendront pour la première fois faire acte de présence.
À vrai dire, ceux-ci n'ont pas reçu d'invitation officielle de la Défense belge. Ils participeront, à l'écart, à l'hommage. S'ils sont invités, c'est grâce au collectif créé par le réalisateur bruxellois Mourad Boucif (Kamel, Au-delà de Gibraltar) qui a réalisé La Couleur du Sacrifice. Ce documentaire conte l'histoire de ces tirailleurs...

03/05/2007

Commune de Laeken

01233a

La commune de Laeken.

D’après Léopold II, par Christian Lannoye, parcours Artis-Historia, 1993.

En 1827, la commune de Laeken comptait 1500 habitants.
Elle est exclusivement rurale et située à une grande distance de la capitale Bruxelles.
Un siècle plus tard, sa population dépasse les 30.000 habitants.
Le roi Léopold II y a créé de nombreux espaces verts, le domaine royal à lui seul constitue un tiers de la superficie de la commune.
Le roi s’intéressa à cette commune.
Presque toutes les voiries en furent tracées sous son règne
et organisées à partir de son église, l’église Notre-Dame.

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01233b Annexion de la commune de Laeken.

D’après Histoire de Bruxelles, par Renée Dons, Edition De Boeck, 1947, page 105.

Adolphe Max est bourgmestre de la Ville de Bruxelles de 1909 à 1939.

L’après-guerre de 1914-1918 vit se réaliser un projet dont le bourgmestre Adolphe Max fut un des artisans les plus décidés : l’incorporation à la ville du second district.
Cette mesure était nécessitée
- par l’extension des installations maritimes,
- par la création d’un avant-port.

Une loi autorisa, en 1921,
l’annexion des communes de Laeken, de Haren, et de Neder-over-Hembeek
ainsi que de portions de territoire des communes de Schaerbeek et de Molenbeek-Saint-Jean.
Il était indispensable que la ville pût administrer le territoire sur lequel se trouvait l’avant-port de Bruxelles, et y exercer son droit de police.

L’Exposition universelle et internationale de 1935 couvra de ses bâtiments et de ses jardins le plateau du Heysel nivelé et urbanisé.
Les palais du Centenaire et le stade sont des souvenirs de cette exposition.

C’est à l’initiative du bourgmestre que l’on doit l’institution d’une Foire Commerciale organisée chaque année depuis 1921, d’abord dans le Parc du Cinquantenaire et après 1935 dans les Palais du Centenaire au Heysel.

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En 1958, Exposition universelle dont le plus célèbre souvenir est l’Atomium.

17/11/2004

Histoire du drap de Bruxelles

Quelques dates et périodes comme repères de l’histoire de Bruxelles
sur mon billet du  13 juillet 2004.

Source: « Où est les temps » 1999, ed. Waanders, archives de la ville de Bruxelles, Musée de la Ville-Maison du Roi et amis du musée historique de la Région de Bruxelles.
Fascicule 14 « Bruxelles, 1000 ans des Bruxellois et de leurs étoffes de luxe », pages 323à 326.

 

De luxueuses étoffes

Habiller les rois des plus luxueuses étoffes, décorer les murs de leurs châteaux des plus somptueuses images tissées et entourer reines et princes de nuages des plus volatiles dentelles… trois spécialités bruxelloises qui, de 1300 à 1900 ont fait de la ville une capitale internationale des textiles de luxe. Du drap fin, à la tapisserie et à la dentelle, chaque spécialité eut son époque de gloire.

 

Le drap de Bruxelles et une rivière, la Senne.

La Senne par Van Moer

(Clic pour agrandir)
Le drap des rois.
Sur les bords de la Senne, dans les premiers âges de la ville, paissaient des moutons. Les habitants ne tardèrent pas à travailler cette laine. Le choix des matières premières pour les vêtements était très limité. Le Bruxellois, comme ses contemporains d’Europe, n’avait qu’un double choix : tissus en laine et tissus en lin. Les tissages de laine avaient l’avantage de se prêter à tous les climats. Une industrie drapière très spécialisée se développa.

Les matériaux locaux n’étant pas suffisant, les marchands allaient acheter leur laine jusqu’en Angleterre.

Des tissus bon marché se produisaient un peu partout. Les Bruxellois avaient des raisons de s’orienter vers une production plus raffinée.

Centre d’un Etat de première importance sur la scène européenne, dès le 13e siècle, devenue la capitale des anciens Pays-Bas à partir du 15e siècle, Bruxelles privilégia donc très rapidement les industries de luxe et tout particulièrement l’art textile. L’apogée de la draperie de haut luxe se situe aux 13e et 14e siècles.

 

Le drap de Bruxelles et le roi de France Jean le Bon

Jean le Bon timbre 1964

En 1352, le roi de France, Jean le Bon, fait habiller son fils de drap de Bruxelles, qui coûte, au mètre, le prix de 30 grosses perles fines naturelles.

Le drap acheté pour vêtir le roi lui-même, à la Noël, coûte aussi cher qu’un lot de pierres précieuses, un beau diamant, cinq rubis, cinq émeraudes, qu’il acquiert la même année.

Au moyen âge, on tisse du drap dans les villes de Flandre, du Nord de la France, et du Brabant (Bruxelles étant située dans le duché de Brabant).

Les Flamands seront les premiers sur le marché international. Le Brabant y arrive plus tard, à partir des dernières années du 12e siècle. Pourquoi ? Sans doute parce que le duc de Brabant et les marchands bruxellois ont dès le milieu du 13e siècle, de très bons contacts avec l’Angleterre, qui produit la meilleure laine.

 

Jean II le bon
http://www.renaissance-amboise.com/
Découvrir personnages de la Renaissance, Jean le bon et la naissance du Franc pour payer la rançon du roi devenu prisonnier des Anglais à la bataille de Poitiers,…
(mai 2007. Site modifié et musique imposée sur certaines pages)

 

Le drap de Bruxelles et le duc Jean de Brabant

musée Bruxella 1238 Grand-Place de Bruxelles

Si Bruxelles se spécialise dans le drap de haut luxe, c’est sans doute parce que le duc Jean Ier et sa cour ont une préférence pour la ville. Les riches marchands ont dû rapidement découvrir, dans la cour, un marché de première importance. Beaucoup d’étrangers passent par cette cour ; lorsqu’ils repartent, sans doute se souviennent-ils de ce drap.

 

Pour le duc Jean 1e, duc de Brabant,
voir http://www.srab.be/
site de la Société royale d’Archéologie de Bruxelles (Pierre Bonenfant, Madeleine Le Bon)

J’ai réalisé un travail sur ce musée en 2001 mais je ne retrouve pas ces notes dans l’ordinateur.
Si je ne me trompe pas, le mannequin montre les « accessoires » du duc Jean de Brabant.

 

Le drap de Bruxelles et les métiers associés

Une technique raffinée.

Cibler une clientèle princière impliquait évidemment de perfectionner les techniques. Les beaux draps bruxellois doivent être tissés de laine peignée. Ils sont teints dans des bains de pigments naturels. Ils seront très finement tondus pour leur donner un aspect lisse et brillant. Ils sont tendus à diverses reprises et mis à sécher sur les grands prés que l’on trouve encore facilement dans le centre et juste à l’extérieur des remparts.

Les ouvriers impliqués dans la production sont nombreux et variés :
    les démêleuses de laine,
    les ourdisseurs, chargés de préparer la chaîne pour le tissage,
    les tisserands,
    les tondeurs, chargés de couper à ras le poil de l’étoffe, une intervention répétée plusieurs fois pour les draps les plus fins,
    les foulons, dont l’interventions donnaient son apprêt au drap,
    les rentrayeurs, chargés des coutures,
    les teinturiers,
    les débouilleurs, qui immergeaient l’étoffe dans l’eau pour éprouver la teinture,
    les tendeurs, qui faisaient sécher les draps tendus sur des rames ou perches pour assurer leur bon format.

 

Le drap de Bruxelles et noms de rues de Bruxelles

rue aux Laines à Bruxelles

Ces différentes opérations ont donné leur nom à certaines rues de Bruxelles.

Par exemple :
- Dans le prolongement de l’actuelle rue du Lombard (près de Manneken Pis), la rue des Teinturiers (jusqu’au bd Anspach) évoque les débuts de ces activités dans le centre.
- La rue des Foulons (relie le bd Lemonnier au bd Poincaré, du coté de la gare du Midi)
- Hors des remparts de 1200, le quartier entre la rue des Six-deniers et la rue des Tanneurs, était constitué de prés à rames à étendre le drap. (rue des Tanneurs conduit du bd du Midi jusqu’à proximité de l’église de la Chapelle, au 65 se trouvent les Archives de la Ville)
- La rivière était proche. Foulons et teinturiers se fixaient par là.
- La rue des Bogards, non loin de Manneken Pis, rappelle que cet ordre religieux fut d’abord, à Bruxelles, un groupe de tisserands unis par leur métier et ne prononçant pas de voeux. (relie la place Fontainas à la rue du Midi)
- Les ouvriers tisserands habitaient le quartier autour de l’église de Notre-Dame de la Chapelle.
- La rue aux Laines (du Palais de Justice au Petit Sablon) rappelle l’ancien pré-aux-laines situé près de la Halle aux laines où se vendait la matière brute en ballots.

La vente des draps avait lieu dans une halle aux draps située derrière l’actuelle Maison du Roi (musée de la Grand-Place). Au 14e siècle, les Bruxellois obtinrent l’autorisation d’en construire une nouvelle, là où se trouve aujourd’hui le corps arrière de l’Hôtel de Ville.

 

Pour situer une rue, je recommande pour Bruxelles
http://www.viamichelin.com/

 

Le drap de Bruxelles, sceaux et garantie

Pour garantir la provenance des pièces de drap, on mettait plusieurs sceaux, la marque du fabricant et un sceau appliqué après vérification à la Halle aux draps. Il fallait être prudent car les draps de Bruxelles furent rapidement copiés ailleurs et ces imitations de médiocre qualité se vendaient au prix fort.

Le succès du drap de Bruxelles conquiert tous les grands marchés. En 1319, les marchands parisiens essaient vainement de faire interdire aux drapiers bruxellois l’accès de la ville.

On peut juger de la beauté du drap bruxellois par les vêtements portés sur certaines miniatures, notamment les Heures des ducs de Berry.

 

Le drap de Bruxelles et les Riches Heures du Duc de Berry

Très Riches Heures du Duc de Berry, janvier

Les très riches heures du Duc de Berry
(on trouve les photos sur plusieurs sites)
http://crdp.ac-amiens.fr/  (description des enluminures à l’occasion d’une exposition au musée de Condé à Chantilly en 2004)
http://humanities.uchicago.edu/  (en anglais, The University of Chicago)
http://www.infx.info/  (appréciation des sites précédents)
http://nicolasremy.free.fr/  (vue d’ensemble des enluminures)
http://encyclopedie.bourges.net/  (Jean, duc de Berry, fils du roi de France Jean le Bon)
http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/  (vocabulaire, Education Nationale en Alsace)
Livre d'heures = recueil renfermant les prières de l'office divin.

 

Le déclin du drap de Bruxelles

La guerre de Cent ans (série de conflits qui ont opposé la France à l’Angleterre aux 14e et 15e s.) porte les Anglais à développer leur propre industrie drapière et la laine commence à manquer à Bruxelles.

Les modes commencent à changer, sous l’influence des tissus de soie, des brocarts, des velours ciselés venus d’orient. Ceux-ci sont bientôt imités par les villes italiennes. Ces étoffes superbes remplacent les draps de luxe. En outre, des artisans bruxellois, lassés de leur condition sociale, ont immigré, certains en Italie, contribuant à l’industrie du drap florentine notamment.

La décadence est donc présente dès 1400 dans la production bruxelloise, qui se reconvertit vers des productions plus faciles de drap bon marché. A la même époque, les maîtres se sont tournés vers une création d’un grand art, qui succéda au drap pour assurer la réputation internationale de Bruxelles, la tapisserie.