08/03/2009

8 mars journée de la femme

Intéressant article dans le journal Le Soir de samedi 7 mars 2009.
Titre : Du porno-chic à l'injure. Médias sexistes, un stéréotype féministe ?

Débat entre Stéphane Hoebeke et Valérie Lootvoet, par Martine Vandemeulebroecke.

Le premier est juriste à la RTBF et vient de publier un livre dans lequel il analyse la représentation des hommes et des femmes.

Si ses propos sont bien rapportés dans le journal, alors ce n'est pas moi qui vais acheter son livre. Pour lui, il ne voit pas plus loin que son livre de droit. Heureusement que le droit a évolué, même si dans la pratique les pensées n'ont pas évoluées (comme dans sa tête). Il n'y a pas si longtemps, par exemple, en Belgique (ne parlons pas d'autres pays) une femme battue par son mari n'avait pas le droit (au sens juridique du terme) de se plaindre car le mari était, en droit, le maître de la famille. Une femme n'avait pas le droit de voter (trop bête, être inférieur).

Son credo :

- Je dénonce le « stéréotype », l'attitude qui critique les médias parce qu'ils véhiculeraient toujours le stéréotype de la dominance masculine.

universitedesfemmes-090308 Valérie Lootvoet, directrice de l'Université des Femmes. Parmi ses publications : « Les stéréotypes sexistes, outils de discrimination des femmes ».

Bravo à Valérie Lootvoet.

- Que renvoie-t-on constamment comme image des femmes et des hommes ? Est-ce que cela correspond au « prêt-à-porter » qu'on impose dès l'enfance ? La force pour les garçons, la sensibilité pour les filles ? Tous les stéréotypes ne sont pas sexistes mais ils servent tous de base au sexisme.

- Le problème, c'est qu'on rit toujours des mêmes groupes sociaux, ceux qui sont minoritaires ou minorisés... C'est cela qui me pose problème. Les féministes ne demandent pas qu'on se moque des hommes.

(Stéphane Hoebeke : Pour le racisme comme pour le sexisme, il n'est jamais évident de respecter à la fois la liberté d'expression, de création et les droits légitimes d'un groupe.)
- Je suis toujours surprise par ce genre de propos. C'est comme si la demande des femmes au respect était opposée à la liberté d'expression. Je ne vois pas en quoi cela contrevient à la liberté d'expression... sinon à la liberté d'expression machiste.

- Moi, je me sens l'égale des hommes. Je ne parle pas à un niveau individuel. Je veux être solidaire des autres femmes, sur le partage des tâches ménagères ou l'égalité salariale.

- Des féministes se sont fâchées en voyant Simone de Beauvoir nue sur la couverture du Nouvel Obs. On a dit que c'était des femmes coincées. Le fait est que, pour le centième anniversaire de la naissance de Sartre, il ne serait venu à l'idée de personne de montrer Sartre tout nu dans sa salle de bain. Les médias ... sont aussi des prescripteurs de comportements.

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Liens :

1. J'ignorais l'existence de cette association. Une intéressante bibliothèque à notre disposition.
Rue du Méridien 10, Saint-Josse, Bruxelles.
http://www.universitedesfemmes.be/

2. Concernant Simone de Beauvoir photographiée par Art Shai, cliquez ici.

3. Images de la femme dans la société et reflets dans les magazines féminins. Cliquez ici.

Commentaires

salaire homme/femme dans le même Soir, le dessinateur Enki Bilal prend le parti (de coeur) des femmes, comme moi, mais il fustige le recul du sens critique qui a fait régresser la situation de la femme...

c'est un parfait constat comme celui qu'a fait avant lui une femme (pour rester objectif), Elisabeth Badinter, féministe de la 1ère heure, dans son "Fausse Route" qui taille en pièces les dérives d'un féminisme misandre, incarné par "Chiennes de garde"...

la dernière étude de la FGTB sur la différence salariale homme/femme (25% en défaveur de cette dernière) est à ranger dans ce recul du sens critique, pire, dans la manipulation de chiffres, avec cette conclusion pour le moins hâtive et biaisée...

cette étude explique elle-même cette différence par 3 constats (objectifs) :

1° les femmes travaillent en général dans des secteurs moins biens rémunérés (aide aux personnes, grande distribution, ...)

2° le temps partiel est massivement féminin

3° les femmes sont victimes du plafond de verre

Pour 1°, à même formation, un infirmier ne gagne pas plus qu'une infirmière et vice-versa ; un professeur ne gagne pas plus qu'une professeur ; un caissier du Delhaize ne gagne pas plus qu'une caissière du même groupe (pour ces secteurs, le biais est le même : son poids féminin dépasse les 75%...) : que l'on me prouve le contraire par des fiches de salaires...

Pour 2°, la FGTB nuance son propos en admettant qu'une bonne partie des temps partiels est volontaire ; pour les autres, ils sont à (re)lier aux constats 1° et 3° ; dans un couple avec enfants, si un choix entre celui ou celle qui doit/peut prendre le temps partiel s'opère, il est pour celui (+ souvent celle) qui à la fois gagne le moins et a le métier le plus pénible (comme dans mon cas personnel où mon épouse est aide-soignante et moi inspecteur des finances) car le salaire abandonné n'est compensé que par une allocation forfaitaire, plus favorable pour un bas salaire...

3° chose étonnante, la FGTB part dans un combat qui n'est pas le sien (en principe), le mien et celui de la plupart des gens (surtout les femmes) qui doivent vivre avec 1.000 €/mois : je ne vais pas me battre pour des femmes désireuses de crever le plafond de verre, càd aspirer à un salaire de 10.000 € nets/mois, voire plus... : elles sont autrement, fut-ce sur le plan de la formation, outillées pour se défendre elles-mêmes...

Mr Lukianoff

Écrit par : lukianoff | 08/03/2009

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