30/10/2008

corpus delicti 1

Site officiel
http://www.corpus-delicti.be/

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16/10/2008

S C forpasis

Sabina, bonkora virino, pli ol okdekkvin jaraĝa.
Dimanĉon mia najbarino foriris.
Ŝi ne plu suferas.
Ekde hodiaŭ ŝi kuŝas subtere.
Ankaŭ en nia koro.

23:34 Écrit par Fr@ncine dans Bruxelles Ville et Région | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mi memoras |  Facebook |

15/10/2008

Union Européenne et politique des langues

 

Oficiala portalo de Eùropa Unio J. S. est membre du groupe espérantiste de Bruxelles mais également traducteur professionnel au Conseil des ministres de l'Union Européenne à Bruxelles. Il a présenté un exposé chez les espérantistes d'Anvers en janvier 2008. Ceci est la traduction de l'exposé tel que présenté dans la revue d'information du groupe espérantiste bruxellois (Esperantista Brusela Grupo). Pour la version en espéranto, cliquez ici.

 

Remarque : je ne suis pas douée et ceci est une traduction rapide. Je la modifierai si j'ai le temps ou si quelqu'un me permet de l'améliorer.

 

Politique linguistique

de l'Union Européenne :

Théorie et pratique

 

1. Langues officielles après les élargissements successifs.

 

      L'Union Européenne actuelle est une union de pays résultant d'un processus de longue durée qui, en fait, a déjà commencé en 1952 avec la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier. Cependant on considère que le fondement de l'actuelle Union Européenne est le Traité de Rome, signé en 1957, par lequel a été créée la Communauté Economique Européenne, simultanément avec la Communauté Européenne pour l'énergie atomique mieux connue sous le nom d'Euratom. Depuis le 1er novembre 1993, quand le Traité de Maastricht a commencé à être appliqué, les trois Communautés ont été englobées dans l'actuelle Union Européenne qui a bien plus de compétences.

 

 

Drapeau. cliquez pour le Portail officiel de l’Union Européenne       Comme on le sait, les Communautés Européennes ont six Etats comme membres fondateurs : la Belgique, la France, la République Fédérale Allemande, l'Italie, le Grand-Duché de Luxembourg et les Pays-Bas. Dans ces pays, il y a quatre langues officielles : le français, l'allemand, l'italien et le néerlandais. Depuis le début, on a décidé que les quatre langues officielles des Etats membres sont également langues officielles et langues de travail des Communautés, ayant les mêmes droits et le même rang. Tous les documents officiels doivent être publiés dans chacune des langues officielles. Dans chaque réunion, dans le cadre des Communautés, on a le droit de s'exprimer dans n'importe laquelle des langues officielles, avec traduction simultanée dans les autres langues. Chaque citoyen d'un Etat membre a le droit de contacter les Communautés dans sa propre langue et la réponse doit être rédigée dans cette même langue.

 

      Ces principes fondamentaux concernant l'égalité des langues étaient facilement applicables au début. Cela ne concernait que quatre langues... Cependant, au fil des ans, de plus en plus de pays ont rejoint les Communautés et le nombre des langues a également augmenté. En 1973 a eu lieu le premier élargissement des Communautés : la Grande-Bretagne, le Danemark et l'Irlande sont devenus des Etats membres et ont ajouté deux autres langues officielles, l’anglais et le danois. En fait, trois langues, car le gaëlique, quoique officiel, n'est pas devenu langue de travail, mais seulement une langue de traité. Ce qui signifie que chaque traité devait également être rédigé dans cette langue car le gaëlique, parallèlement à l'anglaise, est une langue officielle de l'Irlande malgré le fait que seulement une petite minorité la parle.

      En 1981, la Grèce devient le dixième Etat membre et le grec la septième langue officielle. En 1986 suivent l'Espagne et le Portugal avec leur langue respective. En 1995 l'Autriche, la Finlande et la Suède deviennent membres et introduisent deux nouvelles langues, le suomi (pour la Finlande) et le suédois Le nombre de langues officielles est alors de onze.

 

      En 2004 a lieu l’élargissement, le plus important jusqu'à présent, de l'Union Européenne quand dix nouveaux Etats sont devenus membres : la Tchéquie, l'Estonie, la Hongrie, Chypre, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie. Neuf nouvelles langues se sont ajoutées : le tchèque, l'estonien, le hongrois, le letton, le lituanien, le maltais, le polonais, le slovaque et le slovène. Finalement, mais ce ne sont sans doute pas les derniers, la Bulgarie et la Roumanie sont devenus membres en 2007, ajoutant deux langues supplémentaires, le bulgare et le roumain. En même temps, depuis le 1er janvier 2007, le statut du gaëlique (irlandais) a changé car cette langue est également devenue officielle. Pendant une période de cinq ans, on ne traduira pas tous les documents en gaëlique mais uniquement les règlements adoptés ensemble par le Parlement Européen, le Conseil et la correspondance de et vers les citoyens irlandais.

      Jusqu'à présent, seules les langues officielles des Etats membres sont également devenus langues officielles de l'Union Européenne. Mais dans plusieurs états membres, on utilise également des langues régionales et des langues minoritaires parlées par des millions de citoyens. Cependant, en juin 2005 le Conseil a décidé de permettre l'utilisation de langues régionales et minoritaires dans les institutions de l'Union Européenne, à condition que ces langues aient le statut de langue officielle dans une partie du territoire d'un Etat membre et que celui-ci paye les coûts des traductions écrites et parlées. En décembre, la Commission a signé un arrangement administratif avec l'Espagne pour l'utilisation des langues régionales de ce pays. Il s'agit du basque, du catalan et du gaëlique. C'est l'Espagne qui s'occupe de la traduction de et vers ces langues.

     Revenons maintenant aux langues officielles. En ce moment, l'Union Européenne a 27 Etats membres et 23 langues officielles et de travail. Heureusement, peut-on dire, que plusieurs langues sont parlées dans plusieurs Etats membres, sinon le nombre de langues officielles serait plus élevé. L'Autriche, la Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg et Chypre n'ont pas de langue particulière. L'allemand a le plus grand nombre de locuteurs et est officielle en Allemagne et en Autriche, mais également en Belgique. Le français est langue officielle en France, en Belgique et au Grand-Duché. L'anglais est la langue de Grande-Bretagne et de la plupart des irlandais. On parle le grec en Grèce et à Chypre. Le néerlandais est évidemment parlé aux Pays-Bas et en Belgique. D'autre part, plusieurs pays ont plus d'une langue officielle : la Belgique en a trois, comme vous le savez, le roi, quand il s'adresse aux citoyens, il le fait en néerlandais, en français et en allemand.

      La Croatie et la Turquie sont candidats et pour cette raison l'Union Européenne traite avec ces pays. Et peut-être d'autres pays suivront. En conclusion, on peut affirmer que le nombre de langues officielles n'a pas encore atteint son maximum. Même si la Turquie ne devient jamais membre de l'Union Européenne, le turque pourra devenir langue officielle de l'Union si et quand la partie nord de Chypre sera réunie à la partie sud.

 

2. Utilisation des langues à l'intérieur de l'Union

 

      Est-ce que les 23 langues officielles de l'Union Européenne sont vraiment égales en droit et sur le même plan et est-ce qu'elles sont toutes utilisées comme langue de travail ? Certaines sont en effet des langues importantes avec des centaines ou des dizaines de millions de locuteurs comme l'anglais, l'allemand, le français, l'italien et l'espagnol. Le portugais, avec seulement dix millions de locuteurs en Europe, se situe pourtant parmi les plus importantes langues mondiales, car elle est parlée par plus de 200 millions de personnes dans plusieurs pays non-européens, comme l'anglais, le français et l'espagnol. D'autre part, certaines langues ne sont parlées que par quelques millions ou même moins d'un million de personnes. C'est le cas du letton, de l'estonien, du maltais et du gaëlique irlandais, pour ne citer que les plus « petites » langues. Le catalan, qui est langue régionale en Espagne et non officielle dans l'Union, est parlé par plus de personnes que le danois, le finlandais (le suomi), le slovène. Donc, d'après le nombre de locuteurs, les langues officielles de l'Union Européenne ne sont pas sur pied d'égalité. C'est pour cette raison que je répète ma question : est-ce que les 23 langues officielles de l'Union Européenne sont-elles vraiment égales en droit et sur le même plan ? Je dois répondre : oui et non.

      Oui. Juridiquement elles sont égales en droit et de même rang. Tous les traités, règlements, décisions et directives, c'est-à-dire toutes les lois, mais également toutes les résolutions du Conseil et du Parlement Européen, ne peuvent être approuvés que lorsqu'on peut les obtenir dans chaque langue et qu'ils sont validés dans chaque langue officielle. Ils doivent être publiés dans le journal officiel de l'Union Européenne qui lui-même apparaît dans chaque langue officiel.

      D'autre part, non, les langues officielles ne sont pas égales en droit et de même rang dans la pratique, dans le fonctionnement quotidien de l'Union. Et cela est compréhensible.

 

      Voyons maintenant de quelle manière fonctionne le régime linguistique à l'intérieur des institutions de l'Union Européenne. L'Union comprend diverses institutions, avec des fonctionnements et compétences diverses : les plus importantes sont le Conseil, la Commission Européenne et le Parlement Européen. Les autres institutions sont la Cour de Justice, le Tribunal de première instance, le Médiateur européen, le Comité Economique et Social, et le Comité des Régions. Et de nombreux autres bureaux et agences avec des tâches spécifiques. Une autre institution particulièrement importante depuis l'introduction de l'euro est la Banque Centrale Européenne qui est entièrement indépendante.

      Chaque institution choisit son règlement intérieur concernant le régime linguistique pour son fonctionnement interne. Et ce régime varie d'une institution à l'autre.

 

      Tout citoyen d'un Etat membre peut devenir fonctionnaire des institutions européennes à condition de réussir un examen. Il ou elle doit maîtriser une ou deux langues étrangères à sa langue maternelle ou de la langue officielle de sa patrie. Cela dépend de l'institution et de la fonction du fonctionnaire. Mais suivant le nouveau statut des fonctionnaires européens, on doit maîtriser au moins deux langues étrangères avant la première promotion. Il peut cependant arriver que les personnes préfèrent « apprendre » une langue de la même famille. Les tchèques apprendront peut-être le slovaque et les danois apprendront le suédois, c'est-à-dire une langue très proche. Pour devenir fonctionnaire au Conseil, où je travaille moi-même, il est obligatoire de maîtriser l'anglais ou le français. Auparavant, quand j'ai moi-même été candidat, il y a 20 ans, seul le français était obligatoire.

      Evidemment, pour travailler dans une institution, dans laquelle travaillent des personnes de tous les Etats membres, on doit limiter le nombre de langues utilisées pour la communication intérieure. Au début, la langue la plus importante était le français. Presque tous les fonctionnaires de toutes les institutions l'utilisaient dans la vie quotidienne. Non seulement parce qu'elle était suffisamment prestigieuse et connue internationalement, mais également parce qu'elle était la langue la plus parlée dans les villes dans lesquelles fonctionnent les institutions : Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg. Tous les fonctionnaires étrangers sentaient le besoin de s'exprimer en français, non seulement au travail, mais également à l'extérieur, en rue, dans les magasins, partout. Même après l'intégration de la Grande-Bretagne et de l'Irlande, le français continua à être la langue la plus utilisée par les fonctionnaires dans les institutions.

      Mais peu à peu, cela a changé. Le changement est le résultat de facteurs extérieurs et a peut-être débuté en 1989 avec la chute des régimes communistes en Europe centrale et orientale. L'anglais a triomphé partout. Depuis 1995, avec l'intégration de l'Autriche, la Finlande et la Suède, l'usage de l'anglais à l'intérieur des institutions s'est accéléré de plus en plus, au détriment du français. Et maintenant, après le grand élargissement de 2004, de nombreux nouveaux fonctionnaires des nouveaux Etats membres ne parlent que l'anglais et souvent pas du tout le français. Après la mise à la retraite des plus anciens fonctionnaires, l'anglais sera peut-être la seule langue de communication entre fonctionnaires européens.

 

      Donc, en ce qui concerne le rôle des langues dans la communication interne entre fonctionnaires, on peut dire, en résumé, qu'on utilise presque exclusivement l'anglais et le français, quoique dans les contacts personnels entre collègues on peut utiliser d'autres langues : moi-même je m'exprime en néerlandais avec des collègues néerlandais et flamands ou italien avec des italiens. Et même l'espéranto...

 

      Maintenant, toutes les informations et communications internes sont rédigées en anglais et en français. Auparavant elles étaient également traduites dans les autres langues, mais depuis l'intégration de l'Autriche, la Finlande et la Suède en 1995 cela n'arrive plus.

 

      Une autre affaire est l'usage des langues de travail, c'est-à-dire des langues dans lesquelles sont rédigées les documents et qui sont utilisées pendant les réunions de travail. J'ai déjà dit que l'usage des langues varie d'une institution à l'autre.

      A la Commission, il y a trois langues de travail : le français, l'anglais et l'allemand. Au Conseil, pour produire les documents originaux, on utilise principalement l'anglais et le français. Cependant l'allemand est aussi utilisé comme langue de travail, quoique moins fréquemment que l'anglais et le français. Les autres langues ne sont utilisées que de manière marginale dans les documents originaux.

      La situation au Parlement Européen est différente. Les membres du Parlement sont des politiciens, élus pour leurs compétences politiques et, évidemment, pas pour leurs connaissances linguistiques. De nombreux parlementaires ne sont capables que de s'exprimer dans leur langue maternelle et ne maîtrisent pas du tout ou très mal d'autres langues. Ils doivent eux-mêmes préparer de nombreux documents : rapports, projets de résolutions, propositions d'amendement, questions écrites et orales à la Commission et au Conseil, etc. Et ils ont le droit de les rédiger dans leur propre langue. C'est pourquoi, toutes les langues officielles de l'Union Européenne sont plus souvent utilisées comme langues de travail au Parlement, proportionnellement au nombre de parlementaires qui s'expriment dans ces langues.

 

      Un autre aspect très important de l'usage des langues officielles est l'utilisation orale et la traduction simultanée. En dehors du Parlement Européen, dans toutes les institutions ont lieu quotidiennement des réunions avec des représentants des Etats membres, des spécialistes et professionnels, qui ont le droit d'utiliser leur langue, c'est-à-dire s'exprimer eux-mêmes dans cette langue et écouter la traduction vers sa langue des exposés de participants s'exprimant dans une autre langue. Evidemment, quand les ministres des Etats membres se réunissent au Conseil, ils utilisent également leur propre langue.

 

3. Travail des interprètes et des traducteurs

 

      Afin de permettre le fonctionnement multilingue de l'Union Européenne, les diverses institutions ont dû créer leurs propres services de traduction et d'interprétariat. Des milliers de traducteurs et interprètes professionnels travaillent dans les institutions mêmes et quelques milliers à l'extérieur travaillent pour les institutions européennes de manière indépendante ou par l'intermédiaire d'entreprises privées. Ils travaillent à Bruxelles et à Luxembourg et de nombreux fonctionnaires sont obligés de souvent voyager à Strasbourg pour les sessions plénières du Parlement.

      Il s'agit en fait d'un service gigantesque de traduction et d'interprétariat, si on additionne les services de traduction de toutes les institutions. Ensemble ils forment le plus grand service de traduction au monde. Aucune organisation internationale autre que l'Union Européenne n'a autant de langues officielles, 23, je le répète. Par exemple, les Nations Unies. Avec presque deux cents Etats membres, les Nations Unies n'ont arbitrairement que six langues officielles : l'arabe, l'anglais, le français, le mandarin, le russe et l'espagnol. Le Conseil de l'Europe, qui réunit tous les pays européens, n'a que deux langues officielles : l'anglais et le français. Et il en est de même pour l'organisation militaire de l'OTAN, l'Organisation du Traité Atlantique Nord.

 

      Voyons maintenant de quelle manière on traduit et on interprète. Avant le grand élargissement de 2004, au cours duquel neuf nouvelles langues se sont ajoutées au nombre de langues officielles, on s'est efforcé de toujours traduire et interpréter directement d'une langue à l'autre et toujours d'une langue étrangère à la sienne. Cela signifie qu'il est devenu de plus en plus difficile de trouver traducteurs et interprètes pour toutes les combinaisons linguistiques. Quand le Portugal est devenu membre en 1986, il manquait de personnels maîtrisant le grec, le néerlandais et le danois. Pour cette raison les institutions ont encouragé les fonctionnaires à étudier une langue déficitaire pendant les heures de travail et aux frais de l'institution. Moi-même j'ai appris le grec après mon engagement.

      Cependant, après les élargissements successifs, cette politique ne pouvait continuer. Il y a 50 ans, quand la Communauté Economique Européenne a été créée avec 4 langues officielles, il y avait en tout 6 paires de langues différentes avec 12 combinaisons linguistiques. Maintenant, avec 23 langues officielles, on a 253 paires et 506 combinaisons linguistiques !

      Il est évident que la méthode de travail, utilisée auparavant par la plupart des institutions, ne peut plus être appliquée. On a décidé d'utiliser des langues intermédiaires, c'est-à-dire : on traduit ou interprète premièrement d'une « petite » langue vers une « grande » et ensuite de cette langue vers toutes les autres. Si c'est nécessaire on traduit ou interprète même à partir de sa propre langue vers une autre.

 

      Je le répète encore une fois, les diverses institutions ont leur propre méthode. A la Commission, les langues de travail - c'est-à-dire l'anglais, le français et l'allemand - sont également des langues intermédiaires. Au Conseil, on a décidé d'utiliser l'anglais et le français. Au Parlement Européen, on utilise six langues pour l'interprétariat et la traduction de documents : l'anglais, l'allemand, le français, l'italien, le polonais et l'espagnol. Mais pour les exposés de parlementaires pendant les sessions plénières, les traductions écrites étant faites après les sessions par des traducteurs extérieurs, on a décidé de n'utiliser que l'anglais comme langue intermédiaire.

 

      Est-ce que la qualité de la traduction et de l'interprétation au moyen de langue intermédiaire est garantie ? Evidemment non. Une traduction écrite ou orale directe d'une langue vers une autre est en principe de qualité d'autant plus grande que le traducteur ou l'interprète maîtrise convenablement la langue source et sa propre langue. Une traduction de traduction signifie presque toujours un résultat moins bon qu'une traduction sans intermédiaire.

      Ceci devient encore plus absurde dans le cas de langues proches. Par exemple, un texte ou un exposé originalement en néerlandais, d'abord traduit en anglais et ensuite de l'anglais vers l'allemand. Le résultat ne peut être fidèle autant qu'une traduction directe du néerlandais vers l'allemand.

 

      Un autre problème se produit pour des textes ou des exposés de locuteurs qui utilisent une langue de travail qui n'est pas la leur. Par exemple : un rapport de réunion rédigé en anglais par un rapporteur italien. Souvent le rapporteur ne maîtrise pas convenablement la langue de travail et le texte anglais est infect. Les personnes qui doivent traduire ce texte dans d'autres langues doivent spéculer ou deviner ce que le rapporteur voulait dire.

      Par comparaison avec la situation avant les derniers élargissements, la qualité des traductions est inévitablement moins bonne.

 

4. Efficacité de la politique linguistique de l'Union Européenne

 

      Dans tous les traités signés jusqu'à présent dans le cadre des Communautés Européennes et de l'Union, le principe de l'unité dans la diversité est toujours souligné. Diversité nationale, culturelle et linguistique ainsi qu'égalité, telle est la devise.

 

      Quand un nouveau pays est intégré à l'Union, il doit prendre l'ensemble des lois acquises et validées par l'Union. Cet ensemble de lois, consistant en Traités et autres lois, doit être traduit avant l'intégration. En tout environ 90 000 pages. Le pays candidat s'occupe lui-même de la traduction, mais les services de traduction de l'Union doivent contrôler la qualité de la traduction, préparer les documents et les publier. Ceci signifie qu'on doit engager des traducteurs avant même l'intégration. Deux fois déjà, la Norvège s'est portée candidate à l'intégration et les deux fois les norvégiens, par référendum, se sont prononcés contre l'intégration : en 1972 et en 1994. Dans les institutions, on a dû trouver un autre travail pour les traducteurs norvégiens déjà engagés, car on ne congédie pas de fonctionnaires, sauf pour motif grave.

 

      La traduction de l'ensemble de lois, dans le cas de petites langues, a permit un enrichissement de la langue, car tous les termes techniques de toutes les lois valides doivent être traduits. On doit souvent créer de nouveaux termes techniques, car on n'en avait pas besoin auparavant et, pour cette raison, ces termes n'existaient pas. Donnons quelques exemples : des pays sans chemins de fer comme Malte doivent, malgré cela, traduire toutes les lois relatives aux chemins de fer. Des pays sans mers, comme la Slovénie, la Tchéquie, la Hongrie, etc., doivent traduire tous les textes d'application pour la pèche en mer et la navigation.

      Au début, dans chaque langue, on a dû effectuer un gigantesque travail de terminologie, qui n'a jamais été fait auparavant. Evidemment, quelques langues sont plus riches que d'autres en termes techniques. Des langues parlées dans divers pays ou divers continents ont généralement un vocabulaire plus riche que des langues parlées dans de petites régions. Donc, d'une part, de « grandes » langues, l'anglais, le français, l'allemand, l'espagnol. D'autre part, de « petites » langues, comme le gaëlique irlandais, le malte, le slovène, les langues baltes.

      Dans le cas des langues baltes - l'estonien, le letton, le lituanien -, au temps de l'Union Soviétique, elles n'ont presque plus été utilisées pour les sciences, les techniques, le commerce, car le russe était la langue la plus utilisée, aussi bien dans les pays baltes. L'intégration à l'Union Européenne a garanti à ces langues un enrichissement et un affermissement.

 

      Revenons à l'application de la politique de multilinguisme dans l'Union Européenne. Dans les divers services de traduction de l'Union travaillent des milliers de traducteurs, d'interprètes et autres fonctionnaires s'occupant du fonctionnement des services. A la Commission, en 2006, travaillaient 1 750 traducteurs à plein temps et 600 autres fonctionnaires. Au Conseil ne travaillent qu'environ 700 traducteurs à plein temps et quelques centaines de fonctionnaires associés au service de traduction.

      En ce qui concerne le nombre d'interprètes et concernant les autres institutions, je ne connais pas les chiffres exacts.

 

      Chaque année, il y a des millions de pages traduites. En même temps, les interprètes assurent une traduction orale pendant des centaines d'heures chaque mois. Que coûte le fonctionnement de telles services ?

      On a estimé qu'en 2007 la Commission a dépensé 302 millions d'euros. Le total de tous les services de traduction et d'interprétariat de toutes les institutions était d'environ 800 millions d'euros en 2006, moins de 2 euros par an et par habitant de l'Union Européenne. C'est approximativement 1% du budget total de l'Union. Malgré l'accroissement du nombre de langues, les coûts des services linguistiques n'ont augmenté que de 20% car on travaille de manière plus efficace.

 

      Cependant la politique linguistique de l'Union Européenne n'est pas appliquée de la même manière efficace dans tous les domaines. Il y a de nombreux manques dans l'information des citoyens, surtout par internet. Si vous faites une recherche dans les pages des diverses institutions, vous ne trouvez souvent que des informations en anglais, quelques fois en anglais, français et allemand, quelques fois dans plusieurs langues, mais rarement dans toutes les langues.

      L'Union Européenne encourage les citoyens à apprendre au moins deux langues étrangères, dont une d'un pays voisin. Mais cette action n'est pas vraiment efficace. Son succès dépend des gouvernements nationaux, qui sont responsables de l'éducation de leurs citoyens. La majorité favorise l'étude de l'anglais et néglige l'enseignement d'autres langues. Dans certains pays, il est difficile de trouver des établissements d'enseignement publiques où on enseigne d'autres langues que l'anglais. Et la majorité des gens pensent qu'il suffit d'apprendre l'anglais.

 

      Pour conclure, permettez-moi de dire encore quelques mots concernant l'espéranto, car vous et moi, nous sommes des espérantistes. De nombreux espérantistes pensent que l'espéranto devrait être reconnu par l'Union Européenne. Mais jusqu'à présent l'Union simplement ignore l'espéranto. La raison est double : premièrement, l'Union ne veut pas de langue commune, elle préfère le multilinguisme ; deuxièmement, elle ne reconnaît que les langues parlées dans les Etats membres, qu'elles soient nationales, régionales ou minoritaires.

      Quand on parle de la politique ou des décisions de l'Union Européenne, on croit que ces politiques ou ces décisions sont le résultat des pouvoirs indépendants de décision de l'Union. Mais l'Union n'a pas de pouvoir décisionnel indépendant. On oublie que les politiques et décisions de l'Union résultent en fait des volontés totales ou moyennes de tous les Etats membres. Certaines décisions doivent être prises à l'unanimité, pour d'autres la majorité des voix suffit. L'Union est souvent désignée comme responsable pour faire oublier que ses décisions dépendent exclusivement des Etats membres et du Parlement Européen.

      Si des espérantistes veulent agir pour l'espéranto au niveau de l'Union Européenne, ils doivent, avant tout, agir au niveau national, pour que le gouvernement et les parlementaires européens se prononcent en faveur de l'espéranto.

 

      Chers amis : je suis réaliste. L'espéranto doit être reconnu du monde entier et pas seulement d'une union régionale de pays. Et ceci ne se réalisera pas de sitôt.

Merci pour votre attention et votre patience.

 

                J. A. P. S., traducteur professionnel
               au Conseil des Ministres
                de l'Union Européenne à Bruxelles.

 

Eùropa Komisiono

 

1952  Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier.
1957  Traité de Rome, base de l'Union Européenne actuelle,
          création de la
            Communauté Economique Européenne et de la
            Communauté Européenne pour l'Energie Atomique.
1993  Le Traité de Maastricht est d'application,
           les 3 Communautés se fondent dans l'actuelle Union.
           Six Etats membres fondateurs :
           Belgique, France, République Fédérale Allemande,
           Italie, Grand-Duché et Pays-Bas.
1973   Nouveaux Etats membres :
            Grande-Bretagne, Danemark et Irlande.
1981   Grèce.
1986   Espagne et Portugal.
1995   Autriche, Finlande et Suède.
2004   Tchéquie, Estonie, Hongrie, Chypre, Lettonie,
          Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie.
2007   Bulgarie et Roumanie.

 

  - .   - .   - .   - .   - .

 

Quelques liens en rapport avec l'exposé :
- Les Institutions.
- Conseil de l'Union européenne.
- Commission européenne.
- Parlement européen.
- Cour de Justice des Communautés européennes. (CURIA : mot latin pour "cour")
- Comité Economique et Social Européen= CESE.
- Comité des Régions.
- Banque Centrale européenne.
   En cherchant bien sur la page, on trouve un lien vers un choix de langues
    et on lit :
    Français
    Où puis-je trouver des informations en français sur ce site Internet ?
    La page d'accueil, y compris la barre de menus (voir ci-dessous),
     n'est disponible qu'en anglais.
    De nombreuses sous-sections sont toutefois proposées en français
.
- Conseil de l'Europe (47 membres). - 1 - 2 -
- OTAN - 1 - 2 -

 

23:50 Écrit par Fr@ncine dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : union europeenne |  Facebook |

07/10/2008

Un essai chez Ipernity

site chez Ipernity Un essai sur une autre plate-forme.
Chez Ipernity.
Différent d’un skynetblog.
Voir mon blog "b comme blog".

16:11 Écrit par Fr@ncine dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/10/2008

Les mots et Jean-Louis Fournier

Dans le portrait de Jean-Louis Fournier, rédigé par Marc Henry Dans Le Soir du 3 octobre 2008.

La littérature vue par Jean-Louis Fournier :

jean-louis-fournier J'ai tendance à penser qu'il y a trop de mots dans les livres.
Il y a plein de mots qui peuvent très bien partir :
tous les « cependant »,
les « pourtant »,
toutes les conjonctions de coordination,
les « alors »,
ces trucs-là, ça m'emmerde un peu.
J'aime avoir des phrases nettes comme des murs de pierres sèches, sans ciment.
C'est plus de travail mais ça a plus de gueule.
Tapez des cailloux côte à côte, ça fait des étincelles.
J'aime bien faire des étincelles.

Ce qui m'emmerde ?
Etre biodégradable.
Vous rigolez ?
Mais vous êtes aussi biodégradable, rigolez pas trop.

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Sur la même page, est présenté son livre
Où on va, papa ?, Stock, 155 pages, 15 euros.
Livre témoignage, Jean-Louis Fournier, papa de deux garçons handicapés nés au début des années soixante, raconte. Deux garçons tout mous et « avec de la paille dans la tête » dit leur papa.

L'auteur de l'article écrit :
Va-t-on vraiment lire cette histoire navrante qui ne peut que mal finir ? Veut-on vraiment savoir ? On avance à reculons vers ce livre. On l'ouvre l'air de rien, prêt à le lâcher, en regardant ailleurs. Après deux pages, c'est le miracle, on oublie tout le reste, on dévore.

Où on va, papa ? a été sélectionné pour le prix Goncourt et pour le Femina.

Jean-Louis Fournier :
L'écriture vous permet de faire le point sur beaucoup de choses.
Virginia Woolf, dans ses carnets, disait qu'elle avait besoin d'écrire les choses pour être sûre qu'elles lui étaient arrivées. Et les événements de sa vie n'étaient pas importants en soi, mais le devenaient parce qu'elle les avait écrits. Quand je lis mon livre je me dis « putain ce que je les aimais bien ces deux enfants ». La littérature m'a permis de dialoguer avec eux, ce que la vie n'a pas pu m'offrir.

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Liens à consulter :
- Le Monde.
- enfantdifferent.
- Editions Stock - 1 - 2 -
- tv5
- wikipedia.