02/09/2008

Figurante pour Micha Wald

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est d'abord suivre l'annonce suivante :

Le jeudi 28 août toute la journée, Koko et l'équipe de Micha Wald filment quelques scènes de leur prochaine comédie. Vous serez peut-être invités à participer, comme figurant ou à regarder tout simplement.

Regarder, cela me convient.
Pas d'équipe à mon arrivée. Quelques visages familiers pour ne pas me sentir isolée et des visages pas toujours inconnus. Que se passe-t-il ? On apprend une chanson sous la direction de Myriam Fuks. Une chanson inconnue de tous semble-t-il, un air difficile et des phrases que je ne comprends pas.
Séance terminée à 13 h.

Vais-je accepter d'être figurante ? Koko me convainc en parlant d'une expérience unique.
Nous recevons un cd et répétition pendant trois jours. Impossible à mémoriser.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est se lever tôt à 5h du matin.
Le rendez-vous est prévu lundi 1er septembre
à 8h au Parvis de Saint-Gilles.
Ensuite coup de fil pour avancer le rendez-vous d'une demi-heure.

On nous avait dit que tout serait terminé vers 14 h, mais je me méfie.
Donc lever à 5h. Il fallait des vêtements ternes et démodés. Serais-je à l'aise dans les vêtements choisis ? Aucune envie de transporter des vêtements et de changer sur place. Ensuite il faut manger convenablement. Aurons-nous le temps de manger ? Le site Internet de la STIB a refusé de me donner d'indications sur le trajet et l'horaire. Il faut avoir le temps d'improviser en cours de route. Heureusement le plan papier me donne quelques renseignements. J'arriverai à l'heure. Et... il y avait de quoi déjeuner sur place.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est se faire maquiller. On avait parlé de fond de teint pour les reflets. En fait, pour moi qui me contente d'une simple crème pour le visage, c'est du rouge à lèvres. Heureusement rien pour les yeux. J'ai aussi droit à du rouge à joues. Et de la laque pour les cheveux.

Pour que le rouge à lèvres, qui fond, ne s'étende pas autour de la bouche, la maquilleuse passe d'abord un trait de crayon de je ne sais quoi autour des lèvres.

J'ai l'impression d'être une poupée colorée. La maquilleuse repassera quatre fois. Pour rien à mon avis car je suis persuadée de ne pas avoir été photographiée. J'étais trop loin.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est d'abord répéter la chanson. Inutilement au début. La mélodie ne venait pas. Et quelqu'un a suggéré une autre chanson connue d'un certain nombre de participants. Un grand papier au mur et on répète. Myriam arrive et répétition de sa chanson. Myriam est mécontente. Finalement ce sont deux autres chansons qui seront fredonnées par ceux et celles qui la connaissent et les autres feront semblant.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est voir une équipe en action. Micha choisit les scènes, apporte des modifications.
J'ai admiré sa patience et sa gentillesse. Jamais de reproche.
Mais toute l'équipe était formidable.
Est-ce parce qu'elle avait affaire à des personnes d'un certain âge qu'il valait mieux ne pas bousculer ?
Je ne le pense pas. Et aucun figurant ne s'est plaint.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est faire quoi ?

Une grande salle au rez-de-chaussée d'un bâtiment classé occupé par les bureaux d'une mutualité chrétienne au 18 parvis de Saint-Gilles. Le complexe porte, sur la façade, le nom d'Aegidium (Aegidius est la forme latinisée de Gilles).

Les figurants se sont installés dans ce qui, je suppose, représente une salle de réunion en Pologne.
Tasses, assiettes, biscuits (à ne pas manger), jeux divers sur les tables.

Nous sommes trois, Mina, Laurette et moi. Pour nous occuper, nous décidons de jouer à la bataille. Il nous a fallu un certain temps pour peu à peu se souvenir des simples règles de ce jeu de cartes. Nous avons ri. Nous nous sommes beaucoup amusées.

Répétition et prises de vues avec les acteurs principaux. Ils arrivaient. On les présentait. Des figurants se levaient et s'approchaient.
Que nous avons été heureuses, nous trois, de ne pas avoir été choisies pour se lever et s'agglutiner autour des acteurs principaux, se rasseoir et recommencer, malgré la fatigue, je ne sais combien de fois.

Nous avons également fait une ronde autour des acteurs principaux et chantonné, et recommencé. Certains hommes ont soulevé sur une chaise l'acteur Jonathan Zaccaï et un jeune enfant.

Le titre du Film ?

Simon Konianski.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est avoir la surprise d'être payée. La majorité l'ignorait et venait pour participer à une expérience mais aussi, parce que certains connaissent la famille de Micha Wald et de connaissances en connaissances, Micha a réussi à obtenir un groupe de figurants. Avons-nous satisfait à son attente ?

Avant d'être payé, il faut compléter et signer un papier. Et un texte qui m'a tout de même surprise. Une carte blanche en ce qui concerne notre image. Non pas en rapport avec le film mais n'importe quoi. Comme je n'ai pas l'impression d'avoir été photographiée, j'ai signé. Mais n'importe quoi, donc pas nécessairement en rapport avec le film... On peut jouer avec les mots.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est manger et boire. Pendant les pauses, il y avait de quoi nous réconforter dans le bâtiment de la mutualité chrétienne. Et vers 13h, une pause plus longue pour un potage et un sandwich dans l'ancienne Maison du Peuple en vis-à-vis.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est effectivement une expérience.

Un groupe agréable. Voir et entendre Micha en action ainsi que l'équipe.

L'après-midi, présence d'un cameraman de cinergie qui fait la publicité pour le cinéma belge.

Mais surtout un acteur incroyable. Avraham Leber, un parisien de 83 ans qui n'arrêtait pas de parler, raconter des blagues et chanter. Il disait qu'il s'éclatait parmi nous. Quelle énergie. Accompagné de son épouse mais content de rentrer à Paris après une semaine de tournage à Bruxelles avant de s'envoler pour la Pologne et l'Ukraine.

Il joue le rôle de l'oncle de Simon Konianski. Ce qui m'étonnait et que je trouvais amusant, c'était dans la scène d'arrivée, après présentation, il retire son chapeau et en même temps une perruque destinée plutôt à une femme. Pourquoi ? J'ai eu l'occasion de lui poser la question et il m'a expliqué que l'oncle interprété est un peu dérangé et croit toujours qu'on va l'arrêter. D'où ce déguisement qui me fait penser à des espions dans certains anciens films comiques.

Et il y avait aussi le jeune Nissim. Le plus souvent calme mais plein d'énergie pendant les prises de vues.

Etre figurante dans un film de Micha Wald,

- C'est passer une journée passionnante.

Aurons-nous droit à une avant-première ?

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Renseignements trouvés sur Internet :

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Micha Wald (Extrait) chez imag :

Je viens de finir d'écrire un autre court-métrage, « Alice et moi » où le héros vit des choses que j'ai vécu.
J'ai un autre projet de long métrage, « Raphaël Konianski », avec le même personnage, à trente ans, et qui me ressemble.
Raphaël s'est séparé de sa femme et retourne vivre chez son père. Il a un fils et le grand-père raconte les horreurs qu'il a vécu pendant la guerre, avec obsession, à son petit fils. Son propre fils, lui, ne veut rien entendre car ça lui a détruit sa vie. Par contre, le petit-fils en est très avide.

« Kozari » est une longue saga qui reprend l'histoire des deux frères. Elle commence en Pologne, puis passe à Anvers et enfin aux Etats-Unis. L'histoire se déroule du milieu des années 20 jusqu'aux années 60.
La Pologne me fascine car elle fait partie de mon identité. Il y a quelque chose qui me hante par rapport à la Pologne. Ce n'est pas les camps, le côté morbide, ce sont les paysages, une certaine tristesse, la nostalgie, l'ambiance,...
Je suis juif parce que je suis né juif et je n'y peux rien. Mais j'ai grandi dans un milieu où on ne mange pas comme tout le monde, où on a des névroses particulières, un humour particulier, où on hérite d'une transmission orale lourde. Tout cela a des conséquences sur moi, ça habite ce que je fais mais je ne me dis pas « cinéaste juif ». Je suis cinéaste avant tout et à côté de ça je suis juif et je parle de ce que je connais. Je pioche dans ce qui m'entoure.

Peut-être que plus tard, je pourrais passer à autre chose...

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Extrait du blog de Thierry Leclercq :

Le tournage de Simon Konianski (titre provisoire), le deuxième long-métrage de Micha Wald produit par Versus production, a débuté ce 18 août pour une durée de neuf semaines.

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Autres liens concernant le réalisateur de cinéma Micha Wald :

- Wikipedia.

- Site de la communauté francophone de Belgique pour le court-métrage Alice et moi.

- Site cinergie (Revue et Annuaire du Cinéma et de l'Audiovisuel en Communauté francophone de Belgique) pour Alice et moi.
    - 1 - 2 -
    - vidéo, interview par Jacques Sojcher. 8mn06.
    - video avec Bella Wajnberg (également ici) 8mn03 -

- video, interview de Micha Wald concernant le film « voleurs de chevaux ». 4mn42.

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Tous les billets relatifs à cette journée de tournage,
avec le réalisateur de cinéma Micha Wald pour le film Simon Konianski,
sont regroupés dans mon blog bruxelles-zigzag.

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