03/01/2007

Vote obligatoire

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D’après la carte blanche dans le quotidien Le Soir de ce mercredi 3 janvier 2007 par Marcel Bolle de Bal, professeur émérite à l’Université Libre de Bruxelles.

Le vote obligatoire est un devoir, mais aussi une chance.

Nous voici à mi-chemin entre les élections communales qui viennent de se dérouler et les élections législatives qui se pointent à l’horizon.
Que voyons-nous resurgir ?
L’ancienne controverse entre partisans et adversaires du vote obligatoire.

Ce qui m’a fait bondir, et m’incite à prendre la plume, c’est cette réflexion entendue lors d’un récent débat télévisé, et répercutée par un chauffeur de taxi récemment rencontré :
le vote obligatoire serait « antidémocratique » !

Quand je pense que le droit de vote est précisément une conquête démocratique, un droit longtemps refusé aux prolétaires, puis aux femmes et, aujourd’hui encore aux masses soumises à des régimes totalitaires

L’idée de « contrainte » ou d’« obligation » est insupportable à d’aucuns ?

N’oublions pas que ce sont, dans bien des cas, les règles contraignantes qui constituent les meilleurs garanties de nos droits et libertés.

Songeons-nous encore à contester le principe de notre sécurité sociale, fondée sur un régime d’assurances obligatoires nous prémunissant contre les aléas du chômage et contre les risques de maladies, nous offrant des congés payés et des pensions de retraite ?

L’obligation scolaire ne constitue-t-elle pas une avancée considérable, aujourd’hui acceptée par tous, sur la voie de la démocratisation de nos structures sociales ?

Quel enfer serait la circulation sur nos routes et dans nos villes si les obligations contenues dans le code de la route ne limitaient pas notre autonomie d’automobilistes : ces devoirs imposés aux conducteurs favorisent paradoxalement leur liberté de circulation… et sauvent pas mal de vies humaines.

Dans des situations de liberté absolue, le chaos s’installe rapidement, l’anxiété naît et se développe… débouchant, tout aussi paradoxalement, sur l’appel à un leader fort, « führer », « duce », « gourou » ou « sauveur providentiel »… situations portant en elles les germes du totalitarisme ; c’est-à-dire l’antithèse absolue de la revendication initiale de liberté !

En refusant de se rendre dans les bureaux de vote, les réfractaires à l’exécution de leur devoir citoyen tiendraient à affirmer leur rejet d’une certaine politique.
Quelle politique ?
La politique de ne point parvenir à résoudre nos propres contradictions, nous qui voulons payer moins d’impôts mais exigeons que l’on augmente le nombre de policiers, d’infirmières, de juges, d’enseignants, etc. ?

Droit citoyen, devoir citoyen, chance citoyenne :
comment est-il possible, au nom de la démocratie, de stigmatiser et contester le principe du vote obligatoire ?

Vouloir abolir ce principe serait, à mes yeux, une grave erreur, voire une menace pour la démocratie elle-même.

19:34 Écrit par Fr@ncine dans Bruxelles Ville et Région | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : elections |  Facebook |

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