16/04/2006

13 Tzameti, Gela Babluani

13 Tzameti, Gela Babluani.
D’après l’entretien recueilli par Nicolas Crousse et publié dans le supplément du journal Le Soir du 12 avril 2006.

Il y a beaucoup de choses personnelles dans ce film.
Parce que ça a un rapport avec la mort, la manipulation, le pouvoir, les hasards.
La violence au quotidien et les rapports avec la mort, ce sont des choses que j’ai très bien connues pendant toute mon enfance.
Quand on vit comme j’ai vécu dans un pays où il y a des morts, des assassinés, des tueurs, et parmi eux, des gens qu’on connaissait, c’est quelque chose qui finit par entrer dans l’air du temps.
Le plus grand malheur, c’est qu’on s’y habitue et ça devient une normalité.
C’est horrible à dire, mais l’homme s’habitue à tout.
Et même à la logique d’une guerre civile
.

Le film parle de ça : de cette perte d’innocence, à la suite du premier choc avec la mort, qui vous bouleverse.
Ce n’est pas que la seconde fois est moins importante. Mais on est déjà moins atteint. Et l’instinct de survie revient avec plus de force.

L’humanité fonctionne avec des règles de jeux, des règles absurdes.
Les règles de l’élimination sont les règles de notre société.
Pour exister, aujourd’hui, on est presque obligé d’éliminer l’autre.
Même les téléréalités sont basées sur ça.
La base, c’est l’élimination de l’autre.
Et c’est ça qui passionne les gens.
Ce qui est révélateur, là aussi, de la nature humaine.
C’est la loi de la jungle
.

L’homme a un besoin animal de trouver une porte de sortie, c’est l’instinct de survie.

Ce ne serait pas honnête d’associer 13 Tzameti seulement à la Géorgie en crise de mon enfance.
Même si on parle, d’un pays à l’autre, des langues différentes, et même si on vit ici dans des pays plus ou moins civilisés, en fait, l’homme est partout pareil.
Le côté obscur de la nature humaine n’a pas de nationalité
.

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D’après ce que j’ai trouvé sur internet, « Tzameti » signifierait 13 en géorgien.

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Dans le journal Le Soir de vendredi 14 avril 2006, on signale que des jeunes, la semaine précédente, ont attaqué une pharmacie pour faire comme dans « Banlieue 13 », un film vu peu avant l’agression.
Encore le nombre 13.

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Il me semble intéressant de lire cet entretien en pensant à la mort de Joe Van Holsbeeck dans le hall d’entrée de la Gare Centrale de Bruxelles, à deux pas de la Grand-Place pendant une heure de pointe. Voir les autres billets plus bas.

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Quelques liens concernant le film :
- interview chez excessif
- photos sur orlines
- autres infos sur krinein
- sur l’internaute
- videos sur l’internaute : bande annonce, extrait 1, extrait 2.

A découvrir des videos sur divers thèmes, même sur la cuisine, en plein écran si l’on veut : cliquer sur http://www.linternaute.com/video/.

19:29 Écrit par Fr@ncine dans Bruxelles Ville et Région | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : divers |  Facebook |

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