03/04/2006

Belgicismes

D’après un fascicule « La langue française, de A à Z »
édité par la Direction générale de la Culture et de la Communication de la Communauté française (francophone) de Belgique. Les textes de cet abécédaire ont été publiés dans le journal Le Soir de 1995 dans le cadre de la première édition « La langue française en fête ».

Belgicismes :

C’est en 1811 qu’apparaît le mot belgicisme, dans un recueil anonyme intitulé Flandricismes, wallonismes et expressions impropres dans la langue française.

La plupart des répertoires qui ont inventorié nos particularités se sont en effet attachés aux fautes, réelles ou prétendues, que « commettent fréquemment les Belges ».

Les dictionnaires français ignorent généralement le vocabulaire administratif, politique ou juridique propre à nos régions.

Or, au Moyen Âge, nos principautés sont organisées de façon originale. Elles ont ensuite dépendu de l’Espagne, de l’Autriche, de la Hollande. La Belgique émancipée a pris comme modèle la démocratie anglaise.

Tout cela a laissé des traces encore visibles dans notre langue, des mots inusités en France :
- des latinismes comme minerval (rétribution scolaire),
- qualitate qua (ès qualité),
- des anglicismes comme poll.

C’est simplifier abusivement que de réduire le français de Belgique à des transpositions maladroites des patois de Wallonie ou du flamand de Bruxelles.

Aujourd’hui, les faits régionaux sont l’objet d’études. On s’efforce de prendre en compte l’usage régional en France même, souvent mal représenté dans les dictionnaires français.
Ainsi souper pour le repas du soir, attribué par les dictionnaires à la francophonie extérieure, Belgique, Canada, Suisse, est encore en usage dans bien des provinces françaises.

Si l’on réservait le nom de belgicisme à des emplois rigoureusement enfermés dans nos frontières, les listes traditionnelles se réduiraient fortement.

Celui qui veut sortir de son village doit apprendre à parler aussi autrement que dans son village, et à écrire autrement qu’il ne parle. Si vous émettez un chèque en Bretagne en écrivant septante, vous risquez de le voir refusé. Cela ne prouve ni l’infériorité ni la supériorité de septante ou de soixante-dix, mais l’inadéquation de l’un et de l’autre dans certaines circonstances.

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