04/11/2004

La culture de la tolérance ne peut être celle du laisser-faire.

A lire dans Le Soir d’aujourd’hui. pages 1 et 10.
Après l’assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh par un homme proche des milieux islamistes.
Paul Scheffer, publiciste néerlandais, qui a consacré plusieurs ouvrages à la société multiculturelle hollandaise et à l’histoire européenne.

Quelques extraits :

La culture de la tolérance ne peut être celle du laisser-faire.

Nous n’avons pas suffisamment compris que si beaucoup de migrants issus des pays musulmans peuvent vivre ici, il existe aussi une tradition de radicalisme dans cette communauté. Notre tolérance n’a pas suffisamment donné une réponse à cette intolérance.

Je pense aux imams qui tiennent des discours radicaux dans les mosquées où l’on perçoit une haine vis-à-vis d’une société ouverte.

La réponse passe également par une mobilisation dans la communauté musulmane.

Aujourd’hui, on comprend mieux que la tolérance n’est pas une culture du laisser-faire, mais que cela exige un engagement des élites politiques, culturelles et intellectuelles. On ne peut pas vivre ensemble sans un consensus sur les principes fondamentaux de notre société.

Ce n’est pas une culture de neutralité, mais de libertés qu’il faut défendre face à ceux qui ont longtemps vécu dans une société autoritaire.

La tolérance a été trop longtemps confondue avec l’indulgence envers l’extrémisme.

La tolérance n’est pas un principe passif. C’est une attitude active.

La diversité, c’est aussi le fanatisme religieux, l’analphabétisme.

Le film de van Gogh n’était pas pour moi un coup de force, mais une invitation à l’autoréflexion et à l’autocritique dans les milieux musulmans. Ils sont nombreux parmi la seconde génération de l’immigration à dire – en privé seulement car ils subissent la pression du conformisme – qu’il faut poser de telles questions. Les musulmans doivent accepter les autres religions et ceux qui ne croient pas. Notre faute a été d’insister sur les droits des individus, jamais sur les devoirs. Or sans ceux-ci, les droits ne peuvent pas exister.

20:28 Écrit par Fr@ncine dans Divers | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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