22/07/2004

Jeu de mains et poésie

mains

Je participe au "jeu de mains" de tgtg. Voir cliquer ici, MUSKLAKU http://users.skynet.be/tgtg/ .

 

Aylin, bénévole allemande.

des mains

Aylin est bénévole pendant quelques mois dans un service social de Bruxelles et est arrivée ici par l’intermédiaire d’une organisation allemande dont le but est la réconciliation et la paix.
Les volontaires sont envoyés dans différents pays dans des secteurs sociaux ou des centres de documentation qui traitent de l’histoire de la deuxième guerre mondiale.
Aylin est de mère allemande et de père turque.

Concernant la deuxième photo, j’ai photographié les mains de jeunes filles venant voir Aylin avant de visiter le musée Horta. L’une des jeunes filles est bénévole dans une institution d’handicapées à Anvers et était accompagnée de membres sa famille.

 

Pour les 2 photos, j’ai consulté mon carnet de jeunesse dans lequel je notais poèmes, proverbes, textes auxquels j’étais sensible. Malgré les années écoulées, je m’étonne de continuer à réagir à leur contact.
Ci-dessous les 2 poèmes dont j’ai choisi des extraits.

 

La Jeune Captive

« L'épi naissant mûrit, de la faux respecté ;
Sans crainte du pressoir, le pampre, tout l'été,
           Boit les doux présents de l'Aurore ;
Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui,
Quoique l'heure présente ait de trouble et d'ennui,
           Je ne veux point mourir encore.

Qu'un stoïque aux yeux secs vole embrasser la mort,
Moi je pleure et j'espère; au noir souffle du nord,
           Je plie et relève ma tête.
S'il est des jours amers, il en est de si doux !
Hélas ! quel miel jamais n'a laissé de dégoûts ?
           Quelle mer n'a point de tempête ?

L'illusion féconde habite dans mon sein ;
D'une prison sur moi les murs pèsent en vain,
           J'ai les ailes de l'espérance.
Echappée aux réseaux de l'oiseleur cruel,
Plus vive, plus heureuse, aux campagnes du ciel
           Philomèle chante et s'élance.

Est-ce à moi de mourir ? Tranquille je m'endors,
Et tranquille je veille ; et ma veille aux remords
           Ni mon sommeil ne sont en proie.
Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux ;
Sur des fronts abattus, mon aspect dans ces lieux ;
           Ranime presque de la joie.

Mon beau voyage encore est si loin de sa fin !
Je pars, et des ormeaux qui bordent le chemin
           J'ai passé les premiers à peine.
Au banquet de la vie à peine commencé,
Un instant seulement mes lèvres ont pressé
           La coupe en mes mains encor pleine.

Je ne suis qu'au printemps, je veux voir la moisson,
Et, comme le soleil, de saison en saison,
           Je veux achever mon année.
Brillante sur ma tige et l'honneur du jardin,
Je n'ai vu luire encor que les feux du matin.
           Je veux achever ma journée.

O mort ! Tu peux attendre ; éloigne, éloigne-toi ;
Va consoler les coeurs que la honte, l'effroi,
           Le pâle désespoir dévore.
Pour moi Palès encore a des asiles verts,
Les Amours des baisers, les Muses des concerts;
           Je ne veux pas mourir encore.   »

Ainsi, triste et captif, ma lyre toutefois
S'éveillait, écoutant ces plaintes, cette voix,
           Ces voeux d'une jeune captive,
Et, secouant le joug de mes jours languissants,
Aux douces lois des vers je pliais les accents
           De sa bouche aimable et naïve.

Ces chants, de ma prison témoins harmonieux,
Feront à quelque amant des loisirs studieux
           Chercher quelle fut cette belle :
La grâce décorait son front et ses discours,
Et, comme elle, craindront de voir finir leurs jours
           Ceux qui les passeront près d'elle.

                   (Elégies)

Ce poème fut écrit par André Chénier en prison, peu avant son exécution, sous la Terreur, en 1794.

Philomèle
Fille de Pandion, roi d’Athènes ; métamorphosée en rossignol.
Palès
Déesse des troupeaux et des bergers.

Ronde

Si toutes les filles du monde
Voulaient se donner la main
Tout autour de la mer
Elles pourraient faire une ronde.

Si tous les gars du monde
Voulaient bien être marins
Ils feraient avec leurs barques
Un joli pont sur l'onde.

Alors on pourrait faire une ronde
Autour du monde
Si tous les gens du monde
Voulaient se donner la main.

           Paul Fort

 

Quelques sites à consulter (vérifié en mai 2007).

Paul Fort
http://www.franceweb.fr/poesie/
http://montlhery.com/paulfort

André Chénier
http://www.franceweb.fr/poesie/
http://www.udel.edu/braun/poetry/
http://www.ac-strasbourg.fr/pedago/
http://www.istanbulguide.net/

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